28 juillet 2010

De l'art d'être fin (d'esprit)

Diantre. Deux billets en deux jour. Que lui arrive-t-il? N'a-t-elle aucune vie? Est-elle délaissée dans une barre d'immeuble quand tout le monde s'éclate à la Grande-Motte? Existe-t-il une petite Motte d'ailleurs?
Non non. En fait je bosse (quand je ne suis pas en week-end). Et indépendamment de ma volonté, j'ai tendance à cumuler.
Soit tout est calme, et mon ambition principale est de m'affaler sur un canap moelleux et de prendre une pose qui permettra au dit canapé d'épouser au maximum la forme de mon corps... (heureusement c'est rare).
Soit je bosse, et là... je ne sais pas m'arrêter. La moindre heure libre est dédiée à écrire, lire, cuisiner...jusqu'à ce que je rigole comme une loutre et que j'en conclu qu'il faut que je dorme.

Et donc en coup de vent il se trouve que j'ai lu ça. La Délicatesse, de David Foenkinos. Un petit bijou si vous aimez les phrases bien ficelées, les mots vifs qui tombent au bon endroit. Et qui se lit d'une traite, tant son écriture est fluide et imagée.
L'histoire est plutôt simple. Nathalie est une femme (sinon elle se serait sans doute appelée Sergio), qui rencontre un homme avec qui elle vit une vie facile... jusqu'à ce qu'il meurt en faisant son footing.  Soit. Mais on ne pleure pas. L'art de manier le tragi-comique sans doute. Le temps passe et Nathalie l'écorchée, n'étant pas une femme grise et acariâtre, attire la convoitise... Et alors que certains s'y prennent comme des tanches, l'un d'eux, pourtant pas le plus évident, parvient par sa délicatesse à approcher le fauve.
Rien à voir avec une histoire de drague. Je vous arrête. C'est une histoire de reconnaissance. De subtilité dans des rapports humains.
Et c'est surtout une histoire fort bien racontée par ce David Foenkinos qui cultive, grand dieu, un second degré et un amour de l'absurde à tomber à la renverse.
Allez je partage :

Extraits (tirés du site Evène, j'avoue tout!)
"Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse). Elle avait traversé l'adolescence sans heurt, respectant les passages piétons"

"A cause de la moquette, on n'entendait pas le bruit de ses talons aiguilles. La moquette, c'est le meurtre de la sensualité. Mais qui avait bien pu inventer la moquette ?"

"Il se reprit : après tout, il avait le droit de dire ce qu'il ressentait. Ce n'était pas un crime que d'ouvrir son cœur. Alors oui, c'est vrai que tout était lourd avec elle, que son statut de veuve compliquait beaucoup de choses. Il songea qu'il aurait eu plus de chance de la séduire un jour si François n'était pas mort. En se tuant, il avait figé leur amour. Il les avait propulsés dans une éternité fixe. Comment ravir quoi que ce soit chez une femme dans ces conditions ? Une femme qui vit dans un monde arrêté? Vraiment, c'était à se demander s'il n'avait pas fait exprès de se tuer, pour prolonger éternellement leur amour. Certains pensent bien que la  passion a forcément une fin tragique. 

"Ce baiser était comme de l'art moderne"

Oui. Parce en plus c'est beau.
Bref, M. David Foenkinos. Moi aussi, là, spontanément j'ai  envie de vous embrasser pour ce moment de folie littéraire. je me contenterai d'aller acheter un autre livre.

25 juillet 2010

Coup de théâtre

48 heures dans le Sud, à la maison. Et j'avais oublié combien le festival d'Avignon pouvait me fasciner. Plusieurs années que je n'y avais plus mis un peton, rapport à une vie (trop) décousue et parfois (trop) remplie certes. Mais quand même. Certaines choses ne devraient pas être si rares. Surtout quand elles sont si douces.
Pour ceux qui ne connaissent pas, et les autres qui veulent s'en souvenir, le festival d'Avignon, ce n'est pas que du théâtre. C'est une ville qui prend une autre couleur. Un mois durant, Avignon et ses vieilles pierres calcaires sont réchauffées par un bordel ambulant qui me plait bien. Chaque parcelle devient artistique, chaque rue est un théâtre. Les passants sont acteurs, ou spectateurs, et il n'est pas rare de croiser un cyrano, une danseuse en tutu, des bulles de savon... Les murs s'habillent d'affiches (+ de 600 spectacles à annoncer, forcément, c'est couvrant) et l'air chaud à quelque chose de festif. Un peu Barcelone. Un peu Paris. Avec des cigales.

Et bien sûr il y a le théatre. Celui qui fait rugir les classiques, qui tous les ans apporte son débat artistique, doit-on, ne doit-on pas... In ou Off? Ou en est l'esprit Avignon? J'avoue que je me délecte de cette querelle sans fin... ancien moderne... qui me fait penser que notre exception culturelle a peut-etre encore un futur. Et qui me rassure pendant quelques jours.
Mais peut-être qu'il est là, finalement, l'esprit Avignon. Dans un melting pot de Corneille et de Gaspard Proust, des Monologues du vagin et des Monty Python... Tant que la créativité se vit, et attire dans les rues un public avide d'expériences artistiques,  avide d'obtenir pour le prix d'un ciné des acteurs évoluer, rire, déclamer...
Personnellement je ne suis pas restée longtemps, et je n'ai eu le temps de voir qu'une seule pièce, "Full Métal Molière", qui comme son nom l'indique n'était pas du Racine, mais qui m'a valu une heure trente de fuite, hors quotidien. Le reste, je l'ai passé dans la rue, entre un concert de reggae, et une foule dense qui danse et qui invite à d'autres spectacles.
Dans quelques jours les rues seront désertes, les aoutiens en vacances.
Je crois que j'aurais du descendre une semaine...

16 juillet 2010

Le feuilleton de l'été

Punaise. Dire qu'on a failli échapper au feuilleton de l'été. En même temps, je n'y croyais pas. On n'arrête pas une telle tradition ancrée dans nos vies... ce souffle de glamour, d'héritage difficile, d'intrigues..qui nous endort passionne chaque année. Nan,..On a eu chaud. (déjà qu'on est pas frais).

Mais nous voilà sauvés,  et dans les grandes largeurs, puisque cette fois ci, l'intrigue ne prend pas place sur TF1 (quoique j'ai un doute) mais dans notre quotidien. Info, JT, journaux, internet...Tout y passe. L'affaire Bettencourt s'étale un peu plus chaque jour. De nouveaux cadavres sortent des placard (façon de parler hein). Des prises de bec, des soupçons. Dieu que c'est excitant!

Et, loin de moi l'idée d'y voir une mise en scène pour nous occuper l'esprit pendant l'été alors que nous nous sommes quittés sur une affaire de réforme de retraite funky (je vous rappelle que je ne suis qu'une jeune fille en fleur naîve à souhait). Mais décryptons ensemble (et avec espièglerie) cette histoire qui nous touche. (Oh puis si on ne peut plus se moquer des riches, ou va-t-on!!)
(Par'ailleurs, je présente mes excuses pour ces trois images d'illustration, je conçois le choc que l'association peut provoquer, j'ai moi-même sursauté en ouvrant l'aperçu)

Bref. Un bon feuilleton de l'été met souvent une femme au coeur de la tourmente. Bingo, après Ingrid Claire et Christiana,, nous voici avec Liliane, qui, vous l'admettrez, possède déjà un nom prêt a l'emploi. Liliane ça fait déjà plus soap opera et argenterie que Magali, qui sent bon la Provence mais ça s'arrête là.

De deux, ils nous faut du clinquant, de l'inaccessible, l'intrigue ne va pas se faire chez l'électricien du coin. Et bien banco. On a quand même à faire à l'héritière l'Oréal quoi! Celle qui lutte contre les pointes sèches et pour le rouge à lèvre "nude".

Il nous faut évidemment une affaire de famille, avec regards assassins, incompréhension, conflit d'interets... et longue pause en face à face avant fondu au noir. C'est là que Françoise, la fille, entre en jeux. Celle qui soutient que la (reine) mère à été abusée dans sa confiance, qui remue toute la défense pour obtenir un procès. (ha bah oui il faut un recours à la justice aussi).

Le reste c'est un peu comme un Cluedo.(ex : C'est Banier dans la cuisine avec le chéquier!!) Il nous faut un ou des coupables, des gens à l'oeil torve ( j'aime bien cette expression). Et dans cette case nous sommes servis : un conseiller financier véreux qui se fait des petits extras, un ami photographe qui ne toque pas pour emprunter du sel, mais un milliard... en même temps hein pourquoi se restreindre... Une ribambelle d'amis sympas qui nous aiment pour notre personnalité.

Et comble du passionnant, nous voila avec une affaire qui ébranle et salit le gouvernement d'un pays. Nous laissant dans la surprise la plus totale  (naïve ai-je dit).
 Bref. Avec autant d'atouts télévisuels, autant dire que Brooke et Ridge d'Amour Gloire et Beauté peuvent aller pointer au Pôle emploi.

Ha si, une dernière chose.
Le titre lui aussi est tout trouvé. Une terre lointaine, exotique au nom évocateur... après Dolmen, Terre Indigo, je propose donc D'Arros...Si ça, ça ne sent pas le sable chaud...

Quoiqu'il en soit, peut un qu'un jour on saura , ou pas, qui est le zodiac dans cette histoire.
En attendant, je sais quand même qu'il s'agit de réalité... qu'on parle de la vie de personnes sensibles (-violons-) mais que voulez vous... savoir qui a piqué un milliard ou caché une ile aux Seychelles..c'est à la rigueur le genre de problème que j'aimerai bien avoir....

10 juillet 2010

Torpeur et sudation

Planquez vos grand-parents, la canicule est là.
Entre la sueur, les nuits d'un genre tropical et la déshydratation qui guette, l'été devient "caliente". Et au passage nous donne l'air aussi frais qu'une merguez restée trop longtemps sur le grill (notez la thématique "estivale" utilisée ici). Bref, après s'être plaint d'un mois de mai norvégien (enfin vous hein... moi j'ai des circonstances atténuantes... ok je sors), nous voila sous le coup d'un mois de juillet torride. Et mou.
Qu'à cela ne tienne. Devant toutes nos mines déconfites et nos commentaires regorgeant d'originalité (le "oh la la il fait chaud" à la Evelyne Dehlia arrivant prem's) il était peut-être utile de dresser une petite liste des avantages de cette parenthèse brûlante. (Oui je suis une fille à liste).
Alors hop, dressage : en temps de canicule...

1.On se réveille à l'aurore, à la fraîche. Pas sûr que ce soit un avantage, mais au moins on a le temps d'aller se chercher des viennoiseries ou le journal et on en est assez content (parce que le reste de l'année on écrase joyeusement jusqu'au réveil)
2. L'apéro devient un  mode de survie (on parle de Perrier tranche évidemment ici, d'hydratation). Refuser = danger, ça on l'a bien intégré.
3. De même, les sorbets et crèmes glacées nous servent à rafraichir l'organisme (va falloir que je vérifie ça scientifiquement quand même)
4. Quand on ferme les volets de sa chambre pour contrer la chaleur (en "cabane" comme on dit dans le sud) on à l'impression d'être en Espagne ou en Sicile (même si dehors c'est Melun).
5.A l'appart' c'est Ibiza, cheveux aux vent (du ventilo), naturisme (ou culotte) (je vous rappelle que les volets sont en cabane) et baignade (douches, en fait)
6. La ville entière marche au ralenti,  dans une certaine torpeur et semble avoir gagné en moiteur zen. Bref elle est en "pause". Et ça fait du bien.
7. On voit son boss en bermuda, et ça détend franchement l'ambiance.
8. On vient aussi en tongs au boulot, en tout cas en tenue plus légère (désolée pour ceux qui bossent dans une banque) et on parle voyages avec ses collègues. ( et du coup le boss en bermuda se pointe pour savoir ce qu'on fout bordel de crotte)
9. On passe son temps libre dans des salles de ciné pour la fraîcheur et on rattrape son retard culturel (et on se renseigne avant, car sans clim on risque aussi le malaise collectif). Même version au musée.
10. Pris d'une langueur sans précédent (genre la pub pour Pulco) on fait davantage de siestes et donc selon le contexte davantage de sieste à deux... Et finalement on comprend mieux le sens du mot "hot".. ou même chaleur..... Et bien oui? pourquoi pas traiter le mal par le mal? Quitte à avoir chaud...