10 novembre 2010

ça m'automne quand même

Il est sympathique, et parfois rassurant de voir que, malgré le changement de saison, les blague savent rester éternellement foireuses (cf. mon titre).
Mais qui dit changement de saison, dit aussi changement d'habitude. Et en ça, l'automne à souvent été dans ma tendre enfance une période ambivalente : jolie certes, mais comme une passerelle entre un été brûlant et sucré, et un noël nourri de promesses. Une période de pluie, de grisaille, de manteaux qu'on reboutonne, sur un soir qui tombe plus tôt. Bref, une mélancolie sur des tons déclinés.
Qu'à cela ne tienne. Si aujourd'hui encore le mois de novembre peut provoquer une réserve (mois des morts, de l'armistice, fin de secret story) l'automne peut-être une source de réconfort.
Comment? Liiiiiiiiist it baby!

Mon automne, je l'aime  :

- Pour sa nature déclinante. Parce que regarder par sa fenêtre,ou, soyons fous, se balader, (je suis une kamikaze) revient presque à rentrer dans un tableau de Turner. Une lumière jaune, des feuilles qui bruissent, qui changent et virevoltent,  des odeurs ravivées par la pluie, de la terre qui colle aux bask...

- Parce que le orange omniprésent me donne le peps et que j'en mets jusqu'au out de mes ongles. Pour pas l'oublier. (En fait, c'est ça ou les tablettes de magnésium, j'ai pas encore bien déterminé la chose)

- Pour le temps qu'il me donne à consacrer à  mes nouveaux projets. Bien oui, plus de sous avec l'été et ses sorties folles, un temps de chien = du temps a griffonner chez moi pour ce que je veux faire de mes 30 ans (Oops)


-Parce qu'on attend le Beaujolais comme tous les ans. Et comme tous les ans on se plaindra de son goût acre. mais on se resservira.


- Parce qu'on peu manger des truc rigolos, ronds, aux noms cornus, comme cucurbitacée, potiron, coloquinte... et qu'on se croit cette fois dans une conte de grimm. "ho tu as vu cet énorme potimarron??" Je sais pas, ça me fait marrer.
De même parce que je peux mettre des champignons partout dans mes plats... (c'est valable aussi pour les fruits suaves qui font le retour, poires, raisins chataigne)

-Parce que ça y est on a mis le chauffage et qu'on peut encore se balader en culotte chez soi (cf mon post "été") (bon même si on porte sweat...l'idée est là quoi)


- Pour sauter dans les flaques bousiller nos godasses et s'marrer

- coté vestimentaire, on a encore la liberté de porter des choses douces et agréables. on se pelotonne dedans. Bientôt l'hiver, ou nous ressemblerons tous a des Michelins en sac de couchage ambulant... moins sexe....

(j'avoue, j'avais juste envie d'écrire le mot "pelotonner" ici)

-Pour voir le dernier Disney avec une boite rempli de pop-corns et ouvrir ses mirettes pendant 1h30 comme une gamine de 10 ans (alors que j'en ai 14). Raiponce, me voilà. (ceci dit, en français le nom "Raiponce" brime un peu la sensation d'évasion. Probablement la sonorité "ponce", quoique "rai", aussi)

Et finalement pour la pluie qui tombe contre mes carreaux quand je suis à l'abri. Pour peu que ce soit un Velux, je succombe....

02 novembre 2010

Humeur noire

Les "nègres", toujours en train de se marrer, aucun doute M. Guerlain













3 mois de silence. C'est long. ça peut être court aussi, question de perception. Puis comme le disait le bon Don Quichotte, "il faut donner du temps au temps". A moins que ce soit Didier Barbelivien. Enfin bref.
Pour ceux en revanche qui trouvent que j'ai trop attendu pour reprendre ce blog, permettez-moi de vous dire "flûte" du plus profond de mon cœur. Mais trêve de babillage, me revoilà.

Et avec une certaine rage.
Parce qu'un événements a trouvé échos chez moi ces dernières semaines. Evénement qui a mis le feu aux poudres de mon dégoût. Et même si cela date, je n'avais pas envie de le taire.


And the looser is ? L'intervention télévisée hautement pourrave (faut dire ce qui est ) de ce cher monsieur Guerlain sur france 2, qui je le rappelle s'était fendu d'une petite remarque bien raciste. Rien de bien grave hein, seulement un « Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin...».
Choquée j'ai été, choquée je resterai.
Mais enfin, n'a-t-on jamais appris à ce simple d'esprit que nous étions aux 21e siècle? Que Tintin au Congo était révolu ? Que les gens "de couleur" avaient aussi leur place dans le bus? Et qu'accessoirement, on ne détermine plus les gens par leur couleur de peau, mais par leurs actes?

Qu'on puisse tenir aujourd'hui ce genre de propos d'une façon aussi naturelle me donne envie de vomir. Pire, m'effraie. Car ils rappellent que les clichés ont la vie dure et que des années, des siècles d'évolution humaine et de mixité comportent toujours en leur sein quelques compartiments pourris qui ne demandent qu'à ressurgir.  (Oui et puis dans les champs de coton, c'est vrai que le peuple noir se la coulait grave, faut le dire).
A quand le retour des perles telles que "Hooo ils ont le sens du rythme c'est fou" ou encore "Non mais ils courent vite c'est dans leurs gènes". Ah non attendez, ça on l'entend encore régulièrement.
Sans que ça choque.
Pourtant il n'y a là dedans rien de plus noble que de dire que les Juifs aiment l'argent, que les Russes sont des soulards et j'en passe... C'est dans leurs gênes après tout, non? Evolution disais-je? mouai.

Non moins écœurant, le silence qui a suivi l'événement. Ah ça, quand on parle "d'inflation", on a toujours une petite remarque à faire, une excuse, un bon mot.
Aucune remise en cause, aucune condamnation pour cette parole violente à une heure de grande écoute.
On peut donc aujourd'hui à la télé allègrement se lancer dans une petite blague raciste sans que ça ne gêne personne au passage. Normal quoi.
Et moi du coup, j'aime beaucoup Audrey Pulvar.

Ma réaction et mon emportement peuvent sembler aussi naïfs que ceux d'une miss France disant qu'elle est contre la guerre et le cancer. Je l'assume.
Ne rien dire est pour moi bien pire. Et si nous arrêtions d'être trop tolérant ?