Il y a 9 ans
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29 novembre 2012
Dactylo rocks
Une gourmandise. Que dis-je, un petit berlingot bien acidulé. Voilà l'impression que m'a laissé en tête hier midi le film "Populaire" que je suis allée voir comme on délaisse un cour de sport à l'adolescence pour filer en douce au café.
Il faut dire que la journée n'avait pas bien débuté : des tonnes de choses à faire sans envie (dont changer la caisse du chat, c'est dire ), dehors, un temps à pleurer, ainsi qu'un petit vent bien pervers qui retourne les parapluies. Et bien évidemment, personne ce jour là pour partager un bagel sur un coin de table.
La journée idéale donc pour trouver le chemin du cinéma, poser ses petites fesses sur un siège bien centré, sans voisin, et se délecter d'une histoire grand format.
"Populaire" fut mon choix, après une longue hésitation avec "Argo" et "Comme des frères" dont j'avais entendu du bien. Et je ne l'ai pas regretté. Car l'histoire de Régis Roinsard fait tilt tant dans l'esthétique que dans la mignonne petite intrigue.
Le pitch : Fin des années 50. Rose Pamphyle (Déborah François), qui en a marre de vendre des conserves chez son bourru de père, décide de devenir secrétaire afin de voir du beau monde (à l'époque, les castings pour Secret story n'existaient pas). Or, elle a beau être mignonne, la Rose, elle ne casse pas la baraque (à défaut de faire tomber tous les dossiers, mais c'est aussi pour ça qu'on l'aime). Elle possède cependant un don : celui de taper à la machine plus vite que son ombre sous le regard de son boss (Romain Duris). Il n'en fallait pas plus pour que celui-ci, compétiteur né, ne décide d'en faire son poulain (sa "pouliche" me semblait vulgaire) lors de concours de dactylographie.
Un peu comme ici : http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAF92022264/concours-de-dactylos.fr.html
Mais en plus coloré.
Résultat : un film sans grand coup de théâtre, soit, (en même temps, qui aurait envie de voir la jolie Rose se rétamer et envoyer sa machine a écrire dans la tête du jury avant de tomber en dépression) mais qui fonctionne, selon moi, comme un charme.
Dès le générique de début, nous voilà embarqués dans toutes une esthétique recherchée et rétro comme il faut, de jupes couleurs pastel qui virevoltent, de cigarettes fumées dans des sourires en coin, de tourne-disques qui distillent tango et twist, en bien sûr des machines à écrire qui claquent dans le vent, les reines du modernisme.
Le scénario est quant à lui enjoué, et rythmé, mais sans trop de fioriture. Ce qui est agréable.
Quant aux acteurs, j'ai pour ma part trouvé les choix très justes : un Romain Duris à la mine et au costume étriqué, trop sur de lui pour être honnête mais donc parfait dans le rôle du mentor (je casse en revanche le suspense : on ne voit pas ses fesses (c'est assez rare pour être noté), sorry).
Une Déborah François qui a de l'avenir (et pas que dans le secrétariat) tant on se prend d'affection pour son personnage à la fois naïf et rebelle qui s'étoffe peu à peu, pour bien évidemment exploser à l'écran. Et des petites surprises distillées au long du film qui en fait un casting assez chic (Eddy Mitchell, Nicolas Bedos, Bérénice Bejo, Miou-Miou).
Bref un berlingot, que dis-je, un joli conte de Noël.
Et si vous voulez connaitre votre vitesse de frappe :
http://populaire-lefilm.com/
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21 octobre 2012
Attention, fauve aux abois
Dimanche après-midi. Rien à faire sauf peut-être regarder la pluie. Voilà sans doute le bon timing pour parler de ma dernière lecture, une espèce de bombe qui hésite toujours entre malaises et émotions, mais qui ne peut laisser indifférent. Pourquoi? parce que Tigre, Tigre ! de Margaux Fragoso, l'un des diamants bruts de cette rentrée littéraire, évoque tout au long de ces 402 pages la relation que l'écrivain a eu dès ses 7 ans et pendant 15 ans avec un homme, un vieux. Un pédophile pour mieux le nommer.
Je pense à cet instant avoir perdu des lecteurs. Vous auriez tort. Car il ne s'agit en rien d'un livre cru, ou racoleur sur le malheur de cette petite fille. Un de plus dont on se passerait bien.
Mais plutôt d'une vision lucide et d'un récit très fort et subtil à la fois par les yeux de celle qui a été embrigadée dans cette histoire. Une Lolita, écrite cette fois par la gamine.Qui s'en est sortie, la preuve.
Margaux, fruit du mariage bancal d'un macho violent et d'une mère dépendante aux hôpitaux psy, a donc 7 ans quand elle rencontre à la piscine de son quartier Peter, un homme dans la fleur de l'âge (51 ans). Un homme à l'âme d'enfant, selon l'auteur, et à la force tranquille. Rassurant. D'ailleurs pourquoi s'en méfier? Au foyer, il héberge avec sa compagne plusieurs enfants placés, a toujours le mot qu'il faut pour réconforter ses semblables, et semble apporter plus de soins à son chien Papattes qu'à de sombres vices.
Pourtant, Peter ne va pas bien. Lui même abusé dans son enfance, il ne parvient pas a envisager autre chose qu'une relation amoureuse avec cette fillette (et donc aussi sexuelle), qui se poursuivra sur des années. Histoire d'une manipulation auquel il parvient lui-même à croire, Margaux deviendra comme sa fille, puis sa femme, lien dont il ne parviendra pas à se sevrer, enchainant jalousie, éloignement et retours, estime aussi.
Oui l'histoire est terrible, et sans doute à aborder entre deux romans plus légers, j'en conviens. Mais je n'ai pas trouvé de trash comme j'en avais peur à l'achat du livre. Sans doute parce que pour une fois, une personne ose y détailler tout ce qui se joue dans cette triste histoire : la souffrance, le manque de stabilité, la dépendance, ainsi que la part jouée par l'entourage qui ne sait, au fond, pas réagir.
Bref, du rugueux, du vécu, écrit avec des mots choisis et humains.
Du bon roman.
PS : promis je reviens avec du gros gag, pour ne plus plomber l'ambiance!
Je pense à cet instant avoir perdu des lecteurs. Vous auriez tort. Car il ne s'agit en rien d'un livre cru, ou racoleur sur le malheur de cette petite fille. Un de plus dont on se passerait bien.
Mais plutôt d'une vision lucide et d'un récit très fort et subtil à la fois par les yeux de celle qui a été embrigadée dans cette histoire. Une Lolita, écrite cette fois par la gamine.Qui s'en est sortie, la preuve.
Margaux, fruit du mariage bancal d'un macho violent et d'une mère dépendante aux hôpitaux psy, a donc 7 ans quand elle rencontre à la piscine de son quartier Peter, un homme dans la fleur de l'âge (51 ans). Un homme à l'âme d'enfant, selon l'auteur, et à la force tranquille. Rassurant. D'ailleurs pourquoi s'en méfier? Au foyer, il héberge avec sa compagne plusieurs enfants placés, a toujours le mot qu'il faut pour réconforter ses semblables, et semble apporter plus de soins à son chien Papattes qu'à de sombres vices.
Pourtant, Peter ne va pas bien. Lui même abusé dans son enfance, il ne parvient pas a envisager autre chose qu'une relation amoureuse avec cette fillette (et donc aussi sexuelle), qui se poursuivra sur des années. Histoire d'une manipulation auquel il parvient lui-même à croire, Margaux deviendra comme sa fille, puis sa femme, lien dont il ne parviendra pas à se sevrer, enchainant jalousie, éloignement et retours, estime aussi.
Oui l'histoire est terrible, et sans doute à aborder entre deux romans plus légers, j'en conviens. Mais je n'ai pas trouvé de trash comme j'en avais peur à l'achat du livre. Sans doute parce que pour une fois, une personne ose y détailler tout ce qui se joue dans cette triste histoire : la souffrance, le manque de stabilité, la dépendance, ainsi que la part jouée par l'entourage qui ne sait, au fond, pas réagir.
Bref, du rugueux, du vécu, écrit avec des mots choisis et humains.
Du bon roman.
PS : promis je reviens avec du gros gag, pour ne plus plomber l'ambiance!
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03 janvier 2011
Let the invaders in!
Un petit message en passant, comme une envie pressante, parce qu'en rentrant chez moi pour le réveillon j'ai dévoré une chouette BD, bien installée dans mon corail, et que j'avais envie de la partager. Vous l'aurez deviné, il s'agit donc des Envahissants, ci-contre, (en même temps pourquoi aurais-je mis cette couverture si je souhaitais vous parler d'Adèle Blanc-Sec, soyons un peu sérieux) créé par un binome de petites nanas, Maloup et Marie Voyelle (enfin petite, façon de parler, que sais-je de leur taille) qui, il faut le dire, m'ont arraché quelques sourires.
Si je ne m'abuse elles font partie des proches de Pénélope et autres blogueuses bien connues de la toile.
Mais trève de babillage, l'histoire (haaaa).
Amis de la procrastination bonjour, (le mot à la mode 2010, voire 2011), l'héroïne est une étudiante qui doit rendre une thèse à son professeur, après 5 ans de boulot, et qui cale dans les dernières lignes droites, par manque de motivation, par manque de confiance en elle surtout et qui repousse donc l'échéance (j'ignore pourquoi le sujet me parle...). C'est alors qu'elle reçoit l'aide de 3 personnages fantasques (oui, bien une bimbo, un soldat et un morse, ça se trouve pas à tous les coins de rue, donc fantasques (plus précisément appelé dans le livre: le gros la pute et le sergent ça s'invente pas)) qui vont la pousser dans ses limites et la booster. (Et moi j'en viens à avoir envie de trouver un morse derrière ma porte). M'enfin bref, c'est très très bien, ça se lit vite, parce qu'on ne s'arrête pas, les dessins sont sans chichi, et précis (j'aime beaucoup les postures des personnages) et ça donne envie d'en lire plus. surtout si vous êtes comme moi, amateurs d'image et parfois un peu feignasse.
Voilà c'etait donc la minute culture, vous pouvez reprendre votre 3 janvier.
Les Envahissants
(Broché - 16 septembre 2010) 18 euros.
http://lesenvahissants.com/
Si je ne m'abuse elles font partie des proches de Pénélope et autres blogueuses bien connues de la toile.
Mais trève de babillage, l'histoire (haaaa).
Amis de la procrastination bonjour, (le mot à la mode 2010, voire 2011), l'héroïne est une étudiante qui doit rendre une thèse à son professeur, après 5 ans de boulot, et qui cale dans les dernières lignes droites, par manque de motivation, par manque de confiance en elle surtout et qui repousse donc l'échéance (j'ignore pourquoi le sujet me parle...). C'est alors qu'elle reçoit l'aide de 3 personnages fantasques (oui, bien une bimbo, un soldat et un morse, ça se trouve pas à tous les coins de rue, donc fantasques (plus précisément appelé dans le livre: le gros la pute et le sergent ça s'invente pas)) qui vont la pousser dans ses limites et la booster. (Et moi j'en viens à avoir envie de trouver un morse derrière ma porte). M'enfin bref, c'est très très bien, ça se lit vite, parce qu'on ne s'arrête pas, les dessins sont sans chichi, et précis (j'aime beaucoup les postures des personnages) et ça donne envie d'en lire plus. surtout si vous êtes comme moi, amateurs d'image et parfois un peu feignasse.
Voilà c'etait donc la minute culture, vous pouvez reprendre votre 3 janvier.
Les Envahissants
(Broché - 16 septembre 2010) 18 euros.
http://lesenvahissants.com/
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28 juillet 2010
De l'art d'être fin (d'esprit)
Diantre. Deux billets en deux jour. Que lui arrive-t-il? N'a-t-elle aucune vie? Est-elle délaissée dans une barre d'immeuble quand tout le monde s'éclate à la Grande-Motte? Existe-t-il une petite Motte d'ailleurs?
Non non. En fait je bosse (quand je ne suis pas en week-end là). Et indépendamment de ma volonté, j'ai tendance à cumuler.
Soit tout est calme, et mon ambition principale est de m'affaler sur un canap moelleux et de prendre une pose qui permettra au dit canapé d'épouser au maximum la forme de mon corps... (heureusement c'est rare).
Soit je bosse, et là... je ne sais pas m'arrêter. La moindre heure libre est dédiée à écrire, lire, cuisiner...jusqu'à ce que je rigole comme une loutre et que j'en conclu qu'il faut que je dorme.
Et donc en coup de vent il se trouve que j'ai lu ça. La Délicatesse, de David Foenkinos. Un petit bijou si vous aimez les phrases bien ficelées, les mots vifs qui tombent au bon endroit. Et qui se lit d'une traite, tant son écriture est fluide et imagée.
L'histoire est plutôt simple. Nathalie est une femme (sinon elle se serait sans doute appelée Sergio), qui rencontre un homme avec qui elle vit une vie facile... jusqu'à ce qu'il meurt en faisant son footing. Soit. Mais on ne pleure pas. L'art de manier le tragi-comique sans doute. Le temps passe et Nathalie l'écorchée, n'étant pas une femme grise et acariâtre, attire la convoitise... Et alors que certains s'y prennent comme des tanches, l'un d'eux, pourtant pas le plus évident, parvient par sa délicatesse à approcher le fauve.
Rien à voir avec une histoire de drague. Je vous arrête. C'est une histoire de reconnaissance. De subtilité dans des rapports humains.
Et c'est surtout une histoire fort bien racontée par ce David Foenkinos qui cultive, grand dieu, un second degré et un amour de l'absurde à tomber à la renverse.
Allez je partage :
Extraits (tirés du site Evène, j'avoue tout!)
Oui. Parce en plus c'est beau.
Bref, M. David Foenkinos. Moi aussi, là, spontanément j'ai envie de vous embrasser pour ce moment de folie littéraire. je me contenterai d'aller acheter un autre livre.
Non non. En fait je bosse (quand je ne suis pas en week-end là). Et indépendamment de ma volonté, j'ai tendance à cumuler.
Soit tout est calme, et mon ambition principale est de m'affaler sur un canap moelleux et de prendre une pose qui permettra au dit canapé d'épouser au maximum la forme de mon corps... (heureusement c'est rare).
Soit je bosse, et là... je ne sais pas m'arrêter. La moindre heure libre est dédiée à écrire, lire, cuisiner...jusqu'à ce que je rigole comme une loutre et que j'en conclu qu'il faut que je dorme.
Et donc en coup de vent il se trouve que j'ai lu ça. La Délicatesse, de David Foenkinos. Un petit bijou si vous aimez les phrases bien ficelées, les mots vifs qui tombent au bon endroit. Et qui se lit d'une traite, tant son écriture est fluide et imagée.
L'histoire est plutôt simple. Nathalie est une femme (sinon elle se serait sans doute appelée Sergio), qui rencontre un homme avec qui elle vit une vie facile... jusqu'à ce qu'il meurt en faisant son footing. Soit. Mais on ne pleure pas. L'art de manier le tragi-comique sans doute. Le temps passe et Nathalie l'écorchée, n'étant pas une femme grise et acariâtre, attire la convoitise... Et alors que certains s'y prennent comme des tanches, l'un d'eux, pourtant pas le plus évident, parvient par sa délicatesse à approcher le fauve.
Rien à voir avec une histoire de drague. Je vous arrête. C'est une histoire de reconnaissance. De subtilité dans des rapports humains.
Et c'est surtout une histoire fort bien racontée par ce David Foenkinos qui cultive, grand dieu, un second degré et un amour de l'absurde à tomber à la renverse.
Allez je partage :
Extraits (tirés du site Evène, j'avoue tout!)
"Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse). Elle avait traversé l'adolescence sans heurt, respectant les passages piétons"
"A cause de la moquette, on n'entendait pas le bruit de ses talons aiguilles. La moquette, c'est le meurtre de la sensualité. Mais qui avait bien pu inventer la moquette ?"
"Il se reprit : après tout, il avait le droit de dire ce qu'il ressentait. Ce n'était pas un crime que d'ouvrir son cœur. Alors oui, c'est vrai que tout était lourd avec elle, que son statut de veuve compliquait beaucoup de choses. Il songea qu'il aurait eu plus de chance de la séduire un jour si François n'était pas mort. En se tuant, il avait figé leur amour. Il les avait propulsés dans une éternité fixe. Comment ravir quoi que ce soit chez une femme dans ces conditions ? Une femme qui vit dans un monde arrêté? Vraiment, c'était à se demander s'il n'avait pas fait exprès de se tuer, pour prolonger éternellement leur amour. Certains pensent bien que la passion a forcément une fin tragique.
"Ce baiser était comme de l'art moderne"
Oui. Parce en plus c'est beau.
Bref, M. David Foenkinos. Moi aussi, là, spontanément j'ai envie de vous embrasser pour ce moment de folie littéraire. je me contenterai d'aller acheter un autre livre.
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10 avril 2010
Just addicted....
Parfois, le temps d'une journée ou d'une heure, j'ai la douce impression que cette vie n'est pas si moche et que ça, et qu'on y trouve même quelques pépites qui constellent nos jours de petits bonheurs.
Parfois, ça peut aussi être un livre qui me plante un sourire sur le visage. Ce fut le cas ces deux derniers jours.
Des livres, il faut dire que j'en dévore. Je crois même que cela tient du vice, cet appétit de lire tout ce qui me tombe sous la main (et sous les yeux par conséquent, vu que je ne maitrise pas le braille). L'addiction n'est pas pour autant un gage de qualité, ceci dit, statistiquement, j'ai donc plus de chance de tomber sur des choses bien écrites en lisant un maximum... sur des navets aussi, mais je les oublie vite ceux-là.
Bref. J'ai donc acquis ma dernière lecture dans une gare, d'un auteur inconnu, d'une couverture douteuse qui ne veut pas dire grand chose, mais avec un a priori positif. Une vague critique littéraire en avait dit du bien. Soit. Banco, j'achète. (accro ai-je dit. Je le pensais!)
L'histoire est simple, c'est tout aussi bien (j'ai choisi le livre au départ pour un trajet en train). Emmi Rothner, une jeune femme actuelle sans histoire, mariée (en fait nous savons peu de choses sur elle, ce n'est pas le sujet) se trompe dans un mail. Elle souhaite résilier un abonnement. A la place, elle harcèle donc la boite mail d'un quasi homonyme (à une lettre près de l'adresse prévue) Léo. Qui, patient au départ, se révèle sarcastique quand elle insiste dans l'erreur. Sarcastique dis-je ? du moins fin et spirituel.
Il en faudra peu pour que l'héroïne se prenne au jeu de répondre avec tout autant de piquant, autour d'un jeu de langage au départ. Avec davantage d'implications, rapidement.
Je sais à quoi ça ressemble là décrit ainsi. A une bluette de fille romantique. Et pourtant l'auteur, sans doute aussi subtil que son texte, s'en tient loin. Loin de nous faire virevolter avec de grands sentiments, des retournements de situations et une fin forcément logique ou heureuse (je ne piperai mot...), nous voilà au cœur d'une conversation dépouillée de tout élément extérieur, forcément moderne, entre deux "esprits" vifs qui manient les mots pour s'attiser, se découvrir, s'éprouver, sans jamais tomber dans la réalité.
Le dialogue s'allonge, s'entrecoupe et se déguste mot après mot.
Une très jolie réflexion poussée sur nos rapports par mail, sur le monde virtuel, vecteur de rencontres d'un troisième type. Doit-on, ou peut-on, rester dans cette bulle de tous les possibles, utiliser ce nouvel espace comme une soupape pour fuir le quotidien, s'érotiser à distance et ne jamais tomber dans la routine? Est-ce une nouvelle option ? Doit-on crever l'écran et rencontrer l'autre, se confronter...et choisir la réalité?
Pas le bouquin du siècle mais drôlement bien mené, et un big up à Daniel Glattauer pour n'avoir pas versé dans la facilité et l'ennui sur un roman épistolaire (mailaire? c'est moche).
C'était pas gagné au départ. C'est pas mal du tout à l'arrivée.
Parfois, ça peut aussi être un livre qui me plante un sourire sur le visage. Ce fut le cas ces deux derniers jours.
Des livres, il faut dire que j'en dévore. Je crois même que cela tient du vice, cet appétit de lire tout ce qui me tombe sous la main (et sous les yeux par conséquent, vu que je ne maitrise pas le braille). L'addiction n'est pas pour autant un gage de qualité, ceci dit, statistiquement, j'ai donc plus de chance de tomber sur des choses bien écrites en lisant un maximum... sur des navets aussi, mais je les oublie vite ceux-là.
Bref. J'ai donc acquis ma dernière lecture dans une gare, d'un auteur inconnu, d'une couverture douteuse qui ne veut pas dire grand chose, mais avec un a priori positif. Une vague critique littéraire en avait dit du bien. Soit. Banco, j'achète. (accro ai-je dit. Je le pensais!)
L'histoire est simple, c'est tout aussi bien (j'ai choisi le livre au départ pour un trajet en train). Emmi Rothner, une jeune femme actuelle sans histoire, mariée (en fait nous savons peu de choses sur elle, ce n'est pas le sujet) se trompe dans un mail. Elle souhaite résilier un abonnement. A la place, elle harcèle donc la boite mail d'un quasi homonyme (à une lettre près de l'adresse prévue) Léo. Qui, patient au départ, se révèle sarcastique quand elle insiste dans l'erreur. Sarcastique dis-je ? du moins fin et spirituel.
Il en faudra peu pour que l'héroïne se prenne au jeu de répondre avec tout autant de piquant, autour d'un jeu de langage au départ. Avec davantage d'implications, rapidement.
Je sais à quoi ça ressemble là décrit ainsi. A une bluette de fille romantique. Et pourtant l'auteur, sans doute aussi subtil que son texte, s'en tient loin. Loin de nous faire virevolter avec de grands sentiments, des retournements de situations et une fin forcément logique ou heureuse (je ne piperai mot...), nous voilà au cœur d'une conversation dépouillée de tout élément extérieur, forcément moderne, entre deux "esprits" vifs qui manient les mots pour s'attiser, se découvrir, s'éprouver, sans jamais tomber dans la réalité.
Le dialogue s'allonge, s'entrecoupe et se déguste mot après mot.
Une très jolie réflexion poussée sur nos rapports par mail, sur le monde virtuel, vecteur de rencontres d'un troisième type. Doit-on, ou peut-on, rester dans cette bulle de tous les possibles, utiliser ce nouvel espace comme une soupape pour fuir le quotidien, s'érotiser à distance et ne jamais tomber dans la routine? Est-ce une nouvelle option ? Doit-on crever l'écran et rencontrer l'autre, se confronter...et choisir la réalité?
Pas le bouquin du siècle mais drôlement bien mené, et un big up à Daniel Glattauer pour n'avoir pas versé dans la facilité et l'ennui sur un roman épistolaire (mailaire? c'est moche).
C'était pas gagné au départ. C'est pas mal du tout à l'arrivée.
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21 février 2010
Sur le quai
De Florence Aubenas, j'aimerais avoir ne serait-ce que le quart du talent, de la passion, et de l'engagement. La classe devrais-je dire. Car oui, il en faut sacrément, de la classe, pour mettre le pied en terrain miné et en sortir un constat tout en recul et en nuances.
Pour ceux qui ne savent pas de qui je parle, en quelques mots il s'agit de cette reporter, jadis chez Libé, aujourd'hui au Nouvel Obs qui a écrit très justement sur l'affaire d'Outreau, et qui était retenue un temps en tant qu'otage en Irak, parce qu'elle y faisait son travail. Elle informait.
Et dans ce monde où les journalistes sont trop rapidement perçus comme vendus ou manipulateurs (ce même monde où tous les politiques sont des pourris, et toutes les blondes de sacrées idiotes), il est sans doute bon de reconnaitre aussi le travail précis de certains. Ce même travail qui, personnellement m'a donnée envie d'en faire partie, même si je ne prétends pas encore toucher mon but. La route est longue.
Bref, tout ceci pour dire que la dame a sorti dernièrement un nouvel ouvrage, fruit d'une nouvelle investigation et que j'ai bien du mal à décrocher mon nez de ses pages. Et pour cause, le sujet est criant, puisqu'elle raconte a tenté l'expérience pendant 6 mois d'être une vraie précaire. Non non, pas la précaire qui, son diplôme en poche a dû faire un peu la caisse chez Castorama le temps de trouver mieux (hum hum) mais une vraie précaire comme il existe tant en France, de ceux qui n'ont pas de diplôme et par conséquent de choix étendu, qui connaissent bien les mots "trimer" et "galérer" et qui ne cherchent pas un emploi pour s'épanouir, mais pour avoir un toit. La base quoi.
Le résultat est est touchant car familier. Et loin d'un "chialons dans les chaumières" si cela peut rassurer les récalcitrants. Le récit est une course contre la vie, dans une ville moyenne (Caen) par une femme qui se reconstruit. Comme dit plus haut, la dame n'est pas adepte du style romancé et enrobé. Tout y est simple et posé là, plus Strip-Tease, que Confessions intimes, et les pages qui défilent à vive allure son teintées de d'humanité et d'un regard bienveillant mais objectif sur les recalés de la crise.
Alors bien sûr il s'agit d'une imposture, et les derniers à se méfier peuvent éventuellement dire qu'une fois de plus, un auteur a profité d'une situation réelle pour écrire un livre et gagner en notoriété. Ou pas.
A mes yeux, l'investigation est tout à fait sincère, et le résultat montre une France concrête, à travers des mots. Depuis le quai de Ouistreham, aucun doute, Florence Aubenas s'est plongée en immersion.
Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas, Editions de l'Olivier
Pour ceux qui ne savent pas de qui je parle, en quelques mots il s'agit de cette reporter, jadis chez Libé, aujourd'hui au Nouvel Obs qui a écrit très justement sur l'affaire d'Outreau, et qui était retenue un temps en tant qu'otage en Irak, parce qu'elle y faisait son travail. Elle informait.
Et dans ce monde où les journalistes sont trop rapidement perçus comme vendus ou manipulateurs (ce même monde où tous les politiques sont des pourris, et toutes les blondes de sacrées idiotes), il est sans doute bon de reconnaitre aussi le travail précis de certains. Ce même travail qui, personnellement m'a donnée envie d'en faire partie, même si je ne prétends pas encore toucher mon but. La route est longue.
Bref, tout ceci pour dire que la dame a sorti dernièrement un nouvel ouvrage, fruit d'une nouvelle investigation et que j'ai bien du mal à décrocher mon nez de ses pages. Et pour cause, le sujet est criant, puisqu'elle raconte a tenté l'expérience pendant 6 mois d'être une vraie précaire. Non non, pas la précaire qui, son diplôme en poche a dû faire un peu la caisse chez Castorama le temps de trouver mieux (hum hum) mais une vraie précaire comme il existe tant en France, de ceux qui n'ont pas de diplôme et par conséquent de choix étendu, qui connaissent bien les mots "trimer" et "galérer" et qui ne cherchent pas un emploi pour s'épanouir, mais pour avoir un toit. La base quoi.
Le résultat est est touchant car familier. Et loin d'un "chialons dans les chaumières" si cela peut rassurer les récalcitrants. Le récit est une course contre la vie, dans une ville moyenne (Caen) par une femme qui se reconstruit. Comme dit plus haut, la dame n'est pas adepte du style romancé et enrobé. Tout y est simple et posé là, plus Strip-Tease, que Confessions intimes, et les pages qui défilent à vive allure son teintées de d'humanité et d'un regard bienveillant mais objectif sur les recalés de la crise.
Alors bien sûr il s'agit d'une imposture, et les derniers à se méfier peuvent éventuellement dire qu'une fois de plus, un auteur a profité d'une situation réelle pour écrire un livre et gagner en notoriété. Ou pas.
A mes yeux, l'investigation est tout à fait sincère, et le résultat montre une France concrête, à travers des mots. Depuis le quai de Ouistreham, aucun doute, Florence Aubenas s'est plongée en immersion.
Le quai de Ouistreham, Florence Aubenas, Editions de l'Olivier
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08 novembre 2009
Recherche sweet home déspérement : Away We Go
Il y a des films qui éblouissent, érigés au rang de nos chef-d'œuvres personnels dès l'apparition du générique de fin. D'autres qui nous font regretter amèrement nos 10 euros (en)volés.Et puis il y a des films comme "Away we go". Qui ne sentent pas les gros moyens, et qui racontent une histoire qui sonne bien. Une sorte de chanson folk à la guitare, de chocolat chaud un jour pluvieux... Bref, un film qui fait du bien par où ça passe. Sans pour autant en faire trop. Le charme, probablement.
Ici l'histoire est celle de Burt et Vérona, couple pétri d'amour mais joyeusement largué à la veille de la naissance de leur fille, et animé par le désir de trouver leur foyer. L'herbe, dit-on, est souvent plus verte ailleurs.
Présenté comme ça, on devine à 3 kilomètres le truc débordant de bons sentiments, l'histoire d'amour simplette qui s'étale. Erreur. Car le réalisateur est un spécialiste du couple passé à la moulinette, Sam Mendes.
Et si , dans "American beauty", l'institution du mariage était disséquée au sein de la jolie maison à barrière blanches, ici, elle est servie à table chez les autres. S'en suivent un défilé de pétages de plombs, d'apparences trompeuses, d'anecdotes délectables, soulignées par des dialogues qui font mouche.
Away we go est finalement un raod trip qui oscille entre douceur et touches acides, où tout est à la fois fou et très réel, une petite pépite de sur les relations humaines, loufoque comme il faut.
Je ne sais pas si d'un point de vue professionnel ce film est un grand film. En tout cas, mes 10 euros ne me manquent pas.
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